Les bastides du Rouergue

La bastide contraint le promeneur à la curiosité, à la flânerie au rythme de ses pas et de son cœur... Ici, pas de plan anarchique, d'inextricable fouillis médiéval mais un tracé rigoureux où les rues se coupent à angle droit. Le terme de bastide (de l'occitan « Bastido ») définit une ville neuve du Moyen-âge. Un Moyen âge mesuré, structuré, codifié, disposé selon la volonté délibérée des hommes. Le plan d'urbanisme géométrique est organisé autour d'une place centrale bordée d'arcades. Et vous retrouverez cette structure dans les 350 bastides du sud-Ouest !

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Vue aérienne villefranche
Vue aérienne villefranche
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Place Notre Dame

Villefranche de Rouergue

Le développement de ces villes nouvelles autour d'une place par un tissu urbain très dense est exemplaire à Villefranche de Rouergue, bastide fondée en 1252. Il suffit de s'y perdre pour s'en rendre compte. Rassurez-vous, vous êtes toujours certain de retrouver votre point de départ tant est rigoureuse l'ordonnance des rues, le clocher de la collégiale vous servant de point de repère.

Vous serez séduit par le charme des maisons, des toitures, des escaliers, des portes que les habitants ont décoré suivant leur fantaisie...
L'exceptionnelle place Notre Dame, desservie par quatre rues charretières, est ceinturée de couverts scandés par des arcades que surmontent des maisons de styles divers.
Le puissant clocher porche de la collégiale s'ouvre depuis la place sur son imposante façade, de style gothique flamboyant.
La bastide de Villefranche était située sur des routes de commerce qu'empruntaient également les pèlerins se rendant vers les lieux de dévotion. Ils allaient à Rome, à Jérusalem et bien sûr à Compostelle dont Villefranche était une halte reconnue. En atteste, dès 1339, la présence d'un hôpital dédié à Saint-Jacques pour recevoir les pèlerins.

Najac
Najac

Najac

Najac s'étire d'est en ouest sur une voie unique au fort dénivelé qui mène à la forteresse.
Tout commence par une première occupation stratégique au Moyen âge renforcée à la charnière des XIème et XIIème siècles par les comtes de Toulouse. Un bourg castral constituera alors le premier embryon urbain.

Humiliante conséquence de la Croisade contre les Albigeois, les inquisiteurs dominicains contraindront les habitants, cathares ou non, à édifier l'église Saint-Jean en signe de soumission à l'Eglise romaine. Une bastide sera fondée peu après autour d'une place qui prolongera le bourg castral vers l'est. Au XIVème siècle, les pèlerins en route vers Saint-Jacques de Compostelle laisseront leurs empreintes dans la toute nouvelle chapelle liée à l'hôpital de la cité.

Arcades de Sauveterre de Rouergue
Arcades de Sauveterre de Rouergue
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Sauveterre de Rouergue

Sauveterre de Rouergue

Créée en 1281 par la volonté de Philippe le Hardi pour garantir la paix sur cette partie du Ségala, Sauveterre reproduit en neuf quadrilatères presqu’égaux le plan régulier des bastides autour d’une place centrale bordée de couverts.

Les quatre quartiers –Saint-Jean, Notre-Dame, Saint-Vital et Fonbougine- occupés pour la plupart par des artisans, avaient chacun leur porte défensive que venaient épauler de larges fossés dont certaines portions sont encore en eau.

Sauveterre conserve encore deux beaux témoins des XIVème et XVIème siècles avec la porte et la porte.

Construite au XIVème siècle, la collégiale saint-Christophe abrite des stalles Renaissance et un retable baroque. Les maisons à pans de bois ou en belles pierres des XIVème au XVIème siècle témoignent de la richesse passée de cette bastide qui a tenu sous l’Ancien régime un important rôle administratif.

Une tradition coutelière s’y développe dès le XVème siècle.

Fort de cette tradition artisanale multiséculaire, Sauveterre depuis 40 ans connait une véritable renaissance de son artisanat d'art : de nouveaux pionniers de la création se sont installés: couteliers, maroquinier, chapelière, vitrailliste, ferronnerie d'art, créateur de bijoux, de sérigraphie d'art, de vêtements de cuir redynamisent la vie économique locale.

La Bastide l'Evêque
La Bastide l'Evêque
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Ruisseau de la Bastide l'Evêque

La Bastide l'Evêque

Cette bastide est fondée en 1280 par l'évêque de Rodez pour concurrencer sa voisine Villefranche de Rouergue. Le plateau granitique dominant les gorges de l'Aveyron qui accueille la bastide épiscopale, freinera son développement par son isolement.

Depuis le Moyen âge, son activité économique est liée à l'agriculture, à l'élevage et à la présence de nombreux martinets, moulins qui servaient à battre le cuivre.

Son implantation à proximité de Villefranche explique la modestie du peuplement et la petitesse de son plan dont le centre est occupé par une église des XIVème et XVème siècles. Son clocher-porche n'est d'ailleurs pas sans rappeler celui de Villefranche, sa rivale.

Villeneuve d'Aveyron
Villeneuve d'Aveyron

Villeneuve d'Aveyron

Deux bourgs se sont imbriqués au fil des remaniements.

  • A l'ouest, c'est autour d'un prieuré bénédictin qu'un premier habitat prend corps dans la seconde moitié du XIème pour former une sauveté dont les populations et les biens sont placés sous la protection de l'église.
  • A l'est, en 1231, Raymond VII, comte de Toulouse fait greffer un quartier bastide. Celui-ci s'articule autour de la nouvelle place du marché aux couverts gothiques.

Les habitants de la Bastide Comtale bénéficient d'une charte de coutumes. Quatre consuls, élus dans les quatre quartiers (gâches) de la ville, administrent désormais Villeneuve. C'est l'apogée médiévale de Villeneuve.

L'habitat, dense, se concentre autour de la place des Conques et des artères principales : maisons bourgeoises à arcades, tours patriciennes des XIIIème et XIVème siècles. L'enceinte édifiée au XIVème siècle pour parer aux aléas de la guerre de Cent ans, conserve deux beaux témoins avec les Porte-haute et Savignac. A la fin du XIIIème siècle, pour abriter ses nombreux fidèles, Villeneuve a agrandi son église romane par une nef en pur style gothique méridional. Au XIVème siècle, une des absidioles de l'église romane du saint Sépulcre est ornée de peintures qui s'inspirent de la thématique du pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle.

Des pèlerins y sont représentés avec tous les attributs des « jacquets » : le chapeau à bords relevés, la coquille, le bourdon, une gourde, une escarcelle, une besace de cuir et, pour affronter le mauvais temps, la pèlerine. On y voit également la représentation d'une légende célèbre, répandue en Europe dés le XIIème siècle : le miracle du « pendu dépendu ». Ces peintures situent Villeneuve comme une halte sur le chemin de Compostelle.
En dehors de la cité, l'église de Toulongergues, des VIIIème et IXème siècles, présente des fresques contemporaines de sa construction et une étude récente montre tout l'intérêt de cet élément incontournable du patrimoine rouergat.

Rieupeyroux bastide en aveyron
Rieupeyroux bastide en aveyron

Rieupeyroux

Ce sont des moines bénédictins de l'abbaye saint Martial de Limoges qui vont en 1030 s'arrêter sur le Ségala pour fonder un embryon de communauté qui deviendra la sauveté de Riupeiros.
De la première église romane, il ne reste que quelques vestiges dans l'église saint-Martial, reconstruite au XIVème siècle pour appuyer par sa disposition défensive l'enceinte de la cité. Classée aux Monuments Historiques, cette église est l'un des plus rares et des plus remarquables exemples d'architecture fortifiée du sud de la France.

Le plan géométrique de la ville ancienne n'est pas sans rappeler celui des bastides, et les arcades de la place du Gitat confirment cette impression. Les maisons à pans de bois, la fontaine du Griffoul sont les témoins de cette architecture civile du Moyen âge.