Les paysages, la faune et la flore

Notre région est constituée d'une mosaïque de terroirs : des vastes plateaux du Ségala que les gorges de l'Aveyron viennent brutalement interrompre en passant par le causse calcaire de Villeneuve.
Permanente depuis la préhistoire, l'occupation humaine a induit l'exploitation des ressources naturelles, l'aménagement de chemins qui desservent des terres mises en culture ou dédiées au pastoralisme. Partout l'histoire des paysages se mêle à celle des habitants.

Champs
Champs
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Aveyron
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La Rouquette - Cazelle
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Champs
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Rivière Aveyron
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Chevreuil
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Chêne
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Villefranche
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Gorges de l'Aveyron
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Champs de marguerites
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Vallée de l'Aveyron
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Najac
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Vallée du Lot - Montsalès
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Vallée du Lot - Saut de la Mounine
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Gorges de St Antonin
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Vallée de l'Aveyron

Gorges de l'Aveyron
Gorges de l'Aveyron
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Gorges de l'Aveyron

Les gorges de l'Aveyron

Au sud-ouest de Villefranche, la vallée de l'Aveyron particulièrement encaissée s'étrangle et conduit à des gorges patiemment creusées par la rivière.
La voie ferrée traverse ces gorges. Un travail gigantesque a été entrepris sur 17 kilomètres de voie entre 1854 et 1858 par la compagnie du Grand Central entre Monteils et Laguépie. Il ne fallut pas moins de 13 ponts et 13 tunnels pour ouvrir le passage au chemin de fer. La main d'œuvre était constituée de 12 000 ouvriers surveillés par 2 brigades de gendarmerie !
Les massifs escarpés et schisteux imposent de saisissantes tonalités au paysage.
Plus bas, se remarquent le grès ocre ou rouge des collines et les galets que dépose continuellement l'Aveyron. La région est riche en minerai : cuivre, pyrite, plomb argentifère, manganèse, zinc...
C'est dans ces paysages accidentés que Najac s'étire le long d'une étroite arrête rocheuse au pied de laquelle ont été aménagés des jardins en terrasse bien exposés, la vigne y a récemment retrouvé sa place.
Le village en sentinelle surveille la vallée.
La couverture végétale des gorges, dans lesquelles étaient cultivés autrefois le chanvre et le lin, est luxuriante. Sur les collines poussent chênes et châtaigniers tandis que les conifères remplacent les vignes détruites par le phylloxéra vers 1875.

Le ségala en Aveyron
Le ségala en Aveyron

Sanvensa

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le Ségala en Aveyron

Le Point Sublime - Lescure Jaouls

Le Ségala

A l'est de Villefranche de Rouergue, de La Bastide L'Evêque à Sauveterre, les roches les plus anciennes (300 millions d'années) forment le Ségala que caractérise une terre acide où le frêne et le châtaignier règnent en maîtres.
Ces terres autrefois pauvres et inhospitalières qui produisaient essentiellement du seigle, ont été chaulées au XIXème siècle et se transformèrent en riches terroirs de polyculture (blé, pommes de terre, cultures fourragères et prairies favorables aux bovins).
Les lourdes fleurs odorantes des "genêts à balais" vous entêteront et vous pourrez vous promener à l'ombre des bois de châtaigniers.

Les châtaigniers ont été une ressource importante pour les hommes de cette région, grâce à leur bois (tonnellerie, traverses de chemin de fer, charbon, tanin...) ainsi qu'à leur fruit, utilisé pour l'engraissement des cochons, mais aussi pour l'alimentation humaine en période de misère ((XVIIIème et XIXème siècles pour les plus récentes). De nombreux sécadous, ces petits bâtiments où les châtaignes étaient séchées, témoignent de l'importance de cette activité.
Vallées boisées et gorges sauvages de l'Aveyron et du Viaur, plateaux où dominent l'élevage (lait et veau d'Aveyron) et les cultures, tels sont les paysages qui caractérisent le Ségala.
On l'appelle le « Pays des 100 vallées », il vous livre ses secrets au détour de ses très nombreux sentiers de randonnée, qui serpentent entre ruisseaux et rivières pour le plaisir de bonnes balades en famille.

La faille de Villefranche
La faille de Villefranche

La faille de Villefranche

En vous promenant, devenez subtils à la recherche des différences de flore. La "faille du Rouergue" a répercuté dans la végétation la différence de nature des terrains : Causse ou Ségala.
Véritable charnière géographique, la vallée alluvionnaire de Villefranche est le produit d'une importante faille géologique. C'est une grande cassure qui sépare le massif central de la bordure nord-est du bassin aquitain. Elle est particulièrement visible grâce à la ligne de collines qui longe les rives gauches de l'Alzou et de l'Aveyron.
Sur le versant Sud particulièrement abrupt, les roches anciennes affleurent. Riches en minerai d'argent, de zinc et de cuivre, des mines ont été exploitées dès l'Antiquité, puis d'une manière intense pendant le Moyen âge.
Au Nord, en revanche, se succèdent des collines calcaires plus douces sur lesquelles la vigne, les céréales et le chanvre ont été longtemps cultivés.

Le Causse de Villeneuve

Causse de l'Aveyron
Causse de l'Aveyron
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Causse de l'Aveyron
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Causse de l'Aveyron

Plus au nord, jusqu'aux rives du Lot, s'étend le causse de Villeneuve. Tantôt plat ou vallonné, souvent sec, aride parfois, ce territoire que la mer occupait il y a 280 millions d'années se caractérise par l'omniprésence d'un calcaire lumineux qui éclaire les paysages et le bâti.
Le causse que l'homme a façonné depuis la préhistoire possède un riche éventail de patrimoine vernaculaire :

  • Lavoirs, pigeonniers,
  • C'est aussi le domaine des caselles et des gariottes.
  • Ce terroir est riche en gouffres, grottes et dolmens.

Dans le villefranchois, on a recensé plus de 100 dolmens.
C'est à l'automne et au printemps, dans les chemins creux bordés de murs que vous découvrirez le Causse, sa lumière mystérieuse, ses subtils camaïeux, ses parfums... Avec une loupe, offrez-vous une séance d'émerveillement. Dans les champs non cultivés, au bord même de votre chemin poussent des orchidées. Rien de géant : elles mesurent entre 10 et 30 cm...
Des espaces ouverts où poussent les genévriers et les chênes, vous passerez aux chemins creux bordés de fusains, de troènes et de cornouillers.
Sur le causse, privé de châtaignier, c'est le noyer qui était l'arbre de rapport. Autrefois, il fournissait l'huile de première qualité pour la consommation courante et de seconde pour l'éclairage.

Lavoirs, pigeonniers, caselles et des gariottes, gouffres, grottes et dolmens.

- Lavoirs, pigeonniers,
Eriger un pigeonnier était le privilège des gros propriétaires terriens et leur fonction agronomique fut jadis très importante : la colombine est restée longtemps l'engrais naturel le plus riche pour les céréales et servaient même souvent de dot pour les filles à marier ! Les pigeonniers, tours carrées ou rondes sont très nombreux sur le causse, ils servaient de silos à grains. Parfois le pigeonnier est isolé dans un champ (à proximité du champ de blé du voisin pour que le pigeon puisse aller manger chez lui !). Souvent sur pilotis avec des ressauts ou des bandes métalliques pour éviter la montée des rongeurs et protéger ainsi grains et couvées. D'autres fois, il est intégré à la ferme.
- Caselles et des gariottes,
Ces constructions de pierres rondes, bien fraîches en été servaient d'abri aux bergers. Elles datent surtout du XIXème et du XXème siècles et sont extrêmement nombreuses sur le causse. Superbes dans leur simplicité, elles sont chargées de tout le savoir-faire des bergers d'autrefois (leur principe de construction daterait du Néolithique). Deux façons de faire étaient employées pour les construire :
- Gouffres, grottes et dolmens,
C'est vers le IVème ou IIIème millénaire avant J.-C. que les hommes préhistoriques de l'Europe occidentale commencent à construire ces impressionnants monuments religieux qui devaient servir de tombeau. Ils sont construits en dalles plantées, recouvertes d'une ou plusieurs autres dalles horizontales.
L'Aveyron est le département français qui en possède le plus grand nombre (près de 700). Malheureusement en calcaire, ils ont subi l'outrage du gel. La chambre sépulcrale occupait le centre d'un tumulus qui pouvait avoir la double fonction de protéger des prédateurs les corps inhumés mais aussi de mettre en place lors de la construction, l'imposante dalle de couverture : une corde était attachée à un piquet central, on l'enroulait autour du piquet au fur et à mesure de la montée des murs, le deuxième système consistait à employer un gabarit, lui aussi maintenu au piquet central.
Souvent une banquette intérieure en fait le tour. Parfois à l'étage, elle peut être pourvue d'une cheminée et de niches.Au fur et à mesure de l'épierrement des terrains avoisinants, on reconstruisait un mur autour de la caselle.

Château de Najac
Château de Najac
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Maison du gouverneur

La rivière Aveyron

Secrète et préservée, la vallée de l'Aveyron traverse, en son milieu, la quasi-totalité du département auquel elle a donné son nom. De sa source, près de Séverac-le-Château, à sa confluence avec le Tarn, elle parcourt 290 km, au sein d'un dense réseau hydrographique, traversant une mosaïque de paysages, des villes et des villages dont elle a marqué l'histoire et le quotidien.
Deux GR longent son cours : les GR 62B et 36.
Son principal affluent, le Viaur vient grossir son cours à Laguépie.
Dans sa partie sauvage et méandreuse, entre Belcastel et Najac, la rivière se taille un passage dans les schistes : c'est un paysage vigoureux, sauvage, noyé dans la verdure. Une agriculture pauvre a façonné durablement le paysage, l'architecture, les échanges économiques et la vie des gens d'ici.
L'homme y dépendait totalement des ressources que lui offrait la vallée : les châtaigniers et le bois sur les coteaux, la pêche, les moulins, quelques pâturages...
Puis, tantôt nonchalante, tantôt eau vive, son cours sinueux épouse le contour des ravins. De Najac à Montricoux, l'Aveyron à sa sortie du Rouergue, creuse dans les causses de Caylus et Saint Antonin des gorges encaissées à la beauté âpre et sauvage. Sur les corniches calcaires s'agrippent des petits villages typiques.
Le SIAV2A a créé un sentier du patrimoine qui longe l'Aveyron de Moyrazès à Najac.


Legende

La flore

Orchidée
Orchidée
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marguerite
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Orchidée

On ne peut parler du causse sans parler du chêne pubescent en latin Quercus pubescens qui donne son nom au Quercy tout proche. Ses feuilles sont couvertes de duvet sur leur face inférieure. Sèches sur l'arbre, en hiver, elles parfument l'air d'une odeur de musc.

Ne pas oublier non plus, le genévrier, c'est l'arbuste de toutes les situations difficiles ! Ses fruits seront ramassés au moment d'une gelée pour être utilisés en cuisine. Attention aux aiguilles, petites mais acérées.

Sur les pelouses et terrasses sèches du causse, poussent les orchidées, elles sont petites mais leurs nuances et leurs coloris n'ont rien à envier à leurs sœurs thaïlandaises :

  • L'ophrys abeille et l'ophrys mouche ont le labelle velouté comme le dos des insectes qui doivent les féconder. Le labelle de l'ophrys araignée ressemble au ventre d'une araignée.
  • Plus spectaculaires encore: les orchis :
    • L'orchis brûlé dont la grappe florale présente au sommet, des fleurs de couleur marron foncé comme si elles avaient été brûlées !
    • L'orchis pyramidal qui présente une grappe florale rose foncé en forme de dôme.
    • Quant à l'orchis bouc de couleur vert grisâtre, dont l'épi est échevelé de fleurs étranges qui ressemblent à des lézards, il vaut mieux ne pas s'en approcher tant il sent mauvais !

Citons aussi le Polygala qui pousse à partir d'avril au bord des chemins et possède une jolie fleur qui va du bleu gentiane au bleu pâle en passant par le rose et le muscari en grappe qui ressemble à une grappe de raisin mûr.

Enfin l'hellébore, magnifique plante à port dressé et élégant, qui fleurit à partir de février au bord des chemins de pierre du causse, marie deux tons de vert avec bonheur.

Sur le Ségala, terrain acide, la végétation est totalement différente :

Les jacinthes des bois de couleur bleu vif tapissent les sous-bois au printemps, elles accompagnent souvent l'anémone sylvie et la violette des bois.

A partir du mois d'avril, sur les bords des chemins, on rencontre les silènes roses, blanches et d'autres encore qui ressemblent à de petits œillets pourpres.

La stellaire holostée tapisse d'étoiles blanches les taillis er le bord de fossés avec les potentilles de couleur jaune d'or.

A partir du mois de mai fleurit dans les murs l'ombilic, qu'on appelle également nombril de Vénus en raison de la fossette qui creuse le centre de sa feuille bien ronde et charnue, excellente en soupe ou en salade.

L'herbe à mille trous ou millepertuis présente des fleurs jaunes d'or et des feuilles perforées de mille trous. L'huile de millepertuis excellente pour les brûlures se prépare par macération des sommités fleuries cueillies le jour de la St-jean dans de l'huile d'olive.

A partir du mois de juin, la digitale pourpre fleurit sur les talus. Elle est vénéneuse mais majestueuse avec ses grandes fleurs pourpres.

La liste serait longue, plus de 800 plantes communes poussent sur le sol de notre département !


Legende

Les champignons

Cèpes
Cèpes
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Girolles
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Cèpes

Voici un rapide survol des diverses espèces comestibles de champignons que vous pourrez trouver lors de vos balades :

Au printemps

  • Les morilles dans les clairières, le long des haies, aux lisières des bois ;
  • Les mousserons dans les prés, en rond de sorcière ;
  • Les marasmes d'oréades ou queues d'allumette, en cercle dans les prés
  • Les psalliotes ou rosés des prés ;
  • Les girolles
  • Les cèpes, bien connus des amateurs : cèpes de Bordeaux, bolet tête de nègre, etc...

Au début de l'été

  • Les cèpes et les girolles ;
  • Les lépiotes élevées ou coulemelles

L'été

En plus des cèpes, girolles, marasmes, les pleurotes du panicaud ou oreillettes, nom local : babissous, qui ont la particularité de vivre en saprophyte sur les souches de panicaud (chardon du causse) de l'année précédente ;

  • Les amanites des Césars ou oronges ;
  • Les hydres ou pieds de mouton.

En automne

  • Les cèpes, les girolles, les oronges, les pleurotes, les psalliotes
  • Les lactaires délicieux, les tricholomes terreux ;
  • Les trompettes de la mort ou cornes d'abondance, en cercles serrés dans les bois frais.
Faucon pèlerin aveyron
Faucon pèlerin aveyron

Les oiseaux

Au printemps et en été, les bois retentissent de cris et de chants particulièrement variés. Ce n'est pas un hasard si les oiseaux sylvestres comptent parmi les meilleurs chanteurs ; invisibles sous les feuillages, ils doivent proclamer leur présence avec éclat s'ils veulent attirer une compagne ou éloigner un rival.

Le chant le plus brillant est celui de l'un des hôtes les plus secrets de nos bois : le rossignol.
Au mois de mai, lorsque les arbres commencent à se couvrir de feuilles, les premiers sifflements clairs et sonores du loriot retentissent, surpassant de leur éclat tous les chants de la forêt.
Aucun chant n'est aussi impatiemment attendu que celui du coucou qui confie l'élevage de ses jeunes à d'autres oiseaux.
La sittelle torchepot est un grimpeur très étonnant. Elle se promène souvent la tête en bas, le plus naturellement du monde.
Le geai affectionne les chênes de nos causses. Maladroit au vol et très coloré, c'est une proie toute désignée pour les rapaces tels que l'épervier et surtout l'autour.
On ne se lasse pas d'observer la silhouette typique du milan royal dont la queue est profondément échancrée. Il offre le spectacle toujours fascinant de son absolue maîtrise des airs. D'un naturel nonchalant, il ne se lasse pas de tourner et de virevolter avec aisance, sa longue queue faisant office de gouvernail. Puis soudain, il plonge brusquement sur un petit rongeur ou la grenouille dont il fera sa proie.

Quel dommage que le pic vert et le pic épeichette soient si méfiants, dès qu'ils se sentent observés, ils s'empressent de tourner autour du tronc pour se dérober à la vue.

Le Faucon pèlerin est une espèce de rapaces robuste, de taille moyenne, réputé pour être l'oiseau le plus rapide du monde en piqué (300 km/h). Ses proies sont presque exclusivement des oiseaux. Ce faucon niche essentiellement sur des falaises ou des bâtiments élevés. Un couple de faucons pèlerin niche dans le clocher de la collégiale a été suite à l’intervention de la LPO. Cette association militant pour la protection des oiseaux organise régulièrement des sorties d’observation. 

Les pesticides déciment les oiseaux. Notre région protégée offre encore un gîte à des milliers d'oiseaux. A vous de les observer !