Villefranche, les incontournables !

Jet d'eau de la place Notre Dame
Jet d'eau de la place Notre Dame
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Un jet d'eau de la place Notre Dame
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Le marché de la place Notre Dame
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La place de Notre Dame
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Place Notre Dame
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Vue aérienne de la place de Notre Dame

La place Notre Dame

Toutes les rues mènent à cette place. Vous ne pourrez pas vous perdre, la collégiale qui l'enjambe sera votre point de repère.
La place centrale est entourée d'arcades surmontées de demeures gothiques ou Renaissance.

Sur la place, chaque semaine, se déroulaient 3 marchés où les paysans venaient écouler leur production, tandis que les colporteurs et les négociants s'approvisionnaient en marchandises.
Dans une halle (loge), sous laquelle se trouvait les poids et les mesures, les agents des consuls vérifiaient les marchandises afin de calculer le montant des taxes (leudes) à prélever. Il fallait convertir aux mesures de Villefranche les céréales, l'huile, le vin et les tissus qui provenaient de la campagne et des villes alentour. Les paysans vidaient leurs sacs de grain dans des mesures en pierre, tandis que les drapiers étalonnaient leurs pièces de laine. Ceux qui ne tenaient pas bons poids ou bonnes mesures s'exposaient à de lourdes amendes...
La production était variée : céréales, vin, pain, huile, poissons de rivière et d'étang, volailles, légumes et fruits, herbes médicinales et aromates. A l'extérieur des remparts se tenaient quatre foires annuelles, plus bruyantes encore. On y vendait des charrettes, des barriques, des outils et du bétail, ainsi que des chevaux de selle que nobles et bourgeois achetaient à prix d'or.
Les menus achats se réglaient au comptant. Les ventes plus importantes, étaient enregistrées chez un notaire, en présence de témoins.
La plupart des maisons de la place étaient occupées par des marchands. Le magasin, derrière lequel se trouvait un espace de stockage ou une cour, ouvrait sur la rue. Les marchandises étaient disposées sur des étals que les couverts protégeaient de la chaleur, du froid ou de la pluie. Cet espace constituait une vaste galerie commerciale que prolongeait le porche de la collégiale.
Sous les arcades Saint-Martial, s'élevait un hôpital. Construit pendant l'épidémie de peste de 1348, cet établissement était administré par des religieux qui y exerçaient le devoir d'hospitalité. Trois autres hôpitaux, et une maladrerie située à l'extérieur de la ville, complétaient ce dispositif.
Au milieu du XVIIIème siècle, le sol pentu de la place est creusé puis nivelé afin d'améliorer la circulation et d'aménager un escalier à balustres.

C'est le cœur marchand de la cité qui joue toujours un rôle primordial.
La preuve, chaque jeudi matin s'y déroule l'un des plus beaux marchés de la région.
Un goût de vrai :
Sur les étals embaumés, au pied de la collégiale Notre Dame, toute la diversité des produits du terroir de l'Aveyron vous est proposée : farçous, aligot, truffade, fouaces mais aussi foies gras, confits, charcuteries et pains de pays, miel... Les vieilles paysannes, les maraîchers, les néo-ruraux passionnés, beaucoup de femmes viennent y proposer leurs bons légumes, leurs fruits mûrs à point, leurs fromages naturels...
Les tintements et les volées des cloches du carillon viennent encore égayer le marché et rythme au quotidien la vie des habitants.
Restauré récemment, le carillon dispose de quatre octaves, ce qui offre la possibilité de jouer un très large répertoire musical avec la plus grande justesse. Il est coordonné avec la fontaine de la place Notre Dame, pouvant faire danser les jets d'eau au rythme des cloches...

Redevenue piétonne, la place garde sa vocation initiale de lieu d'échanges et de rencontres : des concerts, des jeux, des enfants heureux de courir et de s'asperger avec les jets d'eau de la fontaine...
La fontaine de la place Notre Dame donne l'heure. Il suffit de compter le nombre de jets en marche. Les minutes sont identifiées par 60 petites lampes orange disposées au centre de la fontaine. Une ampoule supplémentaire s'allume pour chaque minute qui passe.

La collégiale de Notre Dame
La collégiale de Notre Dame

La collégiale Notre Dame

C'est aussi sur cette place centrale que triomphe la superbe collégiale gothique Notre Dame, géant de pierre arborant un gigantesque clocher porche et qui conserve un ensemble attachant de miséricordes sculptées de scènes cocasses et joyeuses.

Son histoire se confond avec celle de la ville. Commencée en 1260 – quelques années seulement après la fondation de la bastide, sa construction est plusieurs fois interrompue (peste noire en 1348, guerre de cent ans de 1337 à 1453, incendie en 1497), le chantier s'achève enfin à la fin du XVème siècle.
L'édifice est représentatif de l'évolution de l'architecture gothique : le chœur s'apparente au gothique rayonnant, le transept et la nef au gothique méridional et le portail du clocher porche est une illustration du gothique flamboyant.
D'une longueur totale de 55 mètres, l'édifice possède une nef ample (13 mètres de largeur) et haute (22 mètres sous clefs) où rien n'arrête ni la vue, ni la parole.
L'abside est dominée par la gloire lumineuse de ses vitraux du XVème siècle.
Le chœur abrite un attachant chef-d'œuvre du XVème siècle : les miséricordes d'André Sulpice où l'on retrouve un bestiaire de monstres farceurs, des scènes anecdotiques de la vie quotidienne, où le profane se mêle au sacré.
L'artiste s'attache à retranscrire minutieusement, malicieusement la réalité qui l'entoure. Ces sculptures témoignent de leur époque de façon documentaire : vêtements, coiffures, chaussures, métiers, vie privée, relation de l'homme et de l'animal, flore du lieu, etc...
L'imposant clocher porche d'une hauteur de 58 mètres domine la place Notre Dame. Il incarne la réussite sociale, économique, culturelle et religieuse de la bastide à la fin du Moyen âge.

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Les bancs des pénitents noirs
Les bancs des pénitents noirs
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La nef des pénitents noirs
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L'extérieur des pénitents noirs
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Le plafond des pénitents noirs

La chapelle baroque des pénitents noirs

En 1609, on assiste à Villefranche à la fondation à quelques mois d'intervalle de 2 confréries : celle des pénitents noirs et celle des pénitents bleus. La ville devient une place-forte du catholicisme dans une région qui s'était laissée tenter par la « religion prétendue réformée ». Les pénitents noirs font construire une chapelle dont la première pierre est posée en janvier 1642. Les travaux vont se prolonger jusqu'à la fin du XVIIème s. Chargée de reconquérir les âmes séduites par le protestantisme, en s'inspirant des idées de François de Sales, les confréries de pénitents associent des ecclésiastiques et des laïcs issus pour la plupart de la bourgeoisie. Les pénitents noirs se distinguent par leur mission qui consiste à prier pour la communauté, à secourir les plus pauvres, à aider les malades pendant les épidémies de peste et à enterrer les morts. Chaque année, le Vendredi saint, les pénitents noirs et les pénitents bleus, anonymes, habillés d'un sac, cachés sous une cagoule, participent à une procession. Afin d'évoquer la Passion du Christ, ils empruntent le chemin de croix conduisant au sommet de la colline de Saint-Jean d'Aigremont, où une chapelle érigée au XIXème siècle commémore cette tradition. Elle adopte un plan original en forme de croix grecque aux angles arrondis (une fleur à quatre pétales), elle forme une sorte d'ovale. A l'intérieur, vous vous y trouverez comme dans un gros œuf, dans le pavillon d'une grande oreille, dans un ventre maternel... Dédiée au culte de la Vraie Croix, symbole de la passion du Christ, cette chapelle s'embellit au fil du temps grâce aux dons et aux legs testamentaires. On y peint un remarquable plafond lambrissé, décoré de peintures, associant de manière théâtrale une multitude d'anges et les principaux acteurs et vulgarisateurs du christianisme : l'empereur Constantin, sainte Hélène, les évangélistes et saint François de Sales. On y ajoute un retable de bois doré à l'or fin, remarquable en raison de son gigantisme et de la qualité de ses représentations. Il met en scène la Passion du Christ dans un style baroque naïf des plus expressifs. A la fin du XVIIIème siècle, les six grandes baies qui inondaient la nef de lumière sont partiellement obstruées par d'immenses tableaux, copiés de grands maîtres. On retrouve ici des stalles dues à l'atelier d'André Sulpice, provenant de l'abbaye de Loc-Dieu dont le décor est composé de feuillages. En quelques années, la chapelle a retrouvé son éclat ancien grâce à d'importants travaux de restauration. Les partitions originales des pénitents noirs, exhumées des archives résonnent à nouveau dans son acoustique exceptionnelle, accompagnées par ce curieux instrument à vent, le serpent.

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La chartreuse de saint-sauveur
La chartreuse de saint-sauveur
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L'église de saint-sauveur
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L'extérieur du monastère de saint-sauveur
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Une gargouille chartreuse de saint-sauveur
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Le monastère de la chartreuse de saint-sauveur
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Petit cloître du monastère de la chartreuse de saint-sauveur

Le monastère de la chartreuse Saint Sauveur

Construite à partir de 1452, à l'écart de la cité, grâce au legs testamentaire de Vézian Valette, richissime marchand négociant en draps de Villefranche de Rouergue, le monastère de la chartreuse Saint Sauveur est un chef-d'œuvre du gothique flamboyant.
Fondé par saint Bruno en 1084, l'ordre des chartreux imposait à la communauté des moines une discipline extraordinaire : isolement, vie contemplative et silence absolu !
Outre le grand cloître, un des plus grands de France autour duquel s'organisent les ermitages des moines et le petit cloître rythmé par d'élégants remplages flamboyants, l'église, la chapelle des Etrangers, le vestibule, la salle capitulaire et le réfectoire sont les précieux témoins architecturaux de la fin du Moyen âge.

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En 1450, Vézian Valette part à Rome en pèlerinage, il y décèdera brutalement de la peste la même année. Sa femme, Catherine Garnier, respecte ses volontés et fait construire le monastère. Les travaux sont commencés en février 1451 et sont rondement menés, au point qu'en 1458 la chapelle, le grand cloître et la salle capitulaire sont terminés.
Jusqu'en 1791 où il est vendu, transformé en hospice, puis en hôpital, y vit une communauté de pères chartreux et de frères convers placée sous l'autorité d'un prieur.
La chapelle conventuelle abrite des stalles historiées dues à l'atelier d'André Sulpice vers 1485, où sous les fesses des officiants, les animaux nous sont aussi familiers que les humains, où le petit, le modeste, l'humble, le quotidien côtoie le grand, le sublime, l'infini, le divin.
Le monastère recèle un important ensemble de vitraux du début du XVIème siècle. Une verrière à remplage flamboyant consacrée à la Vierge, aux Pères de l'Eglise et aux fondateurs des ordres monastiques s'ouvre dans le vestibule. La salle capitulaire possède pour sa part un triptyque, orné de délicats vitraux rehaussés de grisaille, dont la scène principale célèbre la naissance du Christ.

Exposition au musée Cabrol
Exposition au musée Cabrol
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La galerie du musée Cabrol
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Le musée Cabrol

Le musée Urbain Cabrol

Le musée municipal Urbain Cabrol est installé au cœur de la bastide médiévale de Villefranche-Rouergue, dans un hôtel particulier du XVIIIe s. Le parcours muséographique présente l'art, l'archéologie et l'histoire du territoire Ouest-Aveyronnais depuis les premières occupations du territoire jusqu'au début du XXe s dont l'exceptionnelle collection d'archéologie Jean Caussanel. Les objets de cette collection se rapportent au Chalcolithique, période de la fin de la Préhistoire marquée par de grands changements économiques et sociaux : exploitation et transformation du cuivre, développement de réseaux d’échanges à très longue distance, hiérarchisation sociale et valorisation de l’homme en armes…Le parcours muséographique présente également le mobilier baroque de la chapelle des pénitents noirs, dont un remarquable collection d'instruments de musique, une salle dédiée à la médecine du XIXème siècle et plus particulièrement à Jean-Louis Alibert, un médecin villefranchois au service des rois et précurseur de la dermatologie française. Des collections d'arts et traditions populaires sont présentées dans les combles du bâtiments, sous la charpente du XVIIIème siècle.

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Table d'orientation du calvaire
Table d'orientation du calvaire
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Villefranche de Rouergue
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Villefranche de Rouergue vue du calvaire

Le calvaire Saint-Jean d'Aigremont

point de vue sur la ville

Ce site d'accès pénible - d'où le nom « d'aigre-mont »- passe pour être un ancien oppidum gaulois. Ses flancs abrupts surplombent la vallée dans laquelle serpentent l'Aveyron et l'Alzou, (on franchissait cette dernière par un pont datant de l'époque médiévale). Une voie romaine reliant Segodunum (Rodez) à Divona (Cahors) qui servait à acheminer du minerai d'argent dès l'époque antique, traverse la colline et rejoint la bastide de Villefranche de Rouergue.
Le calvaire domine Vilefranche de Rouergue du haut de ses 400 mètres d'altitude et permet de découvrir un superbe panorama sur la bastide. Une table d'orientation permet de s'y repérer.

On sait grâce au livre des miracles de sainte Foy de Conques et à propos d'un siège qu'il eut à subir avec ses habitants contre un seigneur voisin, qu'un château entouré de remparts y était bâti, ainsi qu'un enclos à troupeaux. De ce château, sans doute modeste, de ses défenses et du village qui occupait vraisemblablement le promontoire rocheux, ne nous est rien parvenu. Il est vraisemblable que le château fut démantelé et que le village se délita progressivement après la fondation de la bastide de Villefranche en 1252.
Deux édifices religieux occupent le site, l'église saint-Jean-Baptiste et la chapelle du saint-Sépulcre.

  • Une église bâtie pendant l'époque carolingienne, qui portait le vocable de Saint-Carpil (actuelle église saint-Jean-Baptiste), et contre laquelle était adossé un cimetière, occupait l'un des versants de la colline.
    Les abords de l'église Saint-Jean-Jean-Baptiste ont été fouillés (1928 et 1972), livrant des vestiges (céramiques, sépultures en pleine terre et sarcophages), attestant de la présence d'une nécropole en usage depuis le Vème siècle jusqu'au Bas Moyen âge. Ces découvertes semblent indiquer qu'un premier édifice de culte existait datant de l'antiquité tardive.
    Deux colonnettes de facture archaïque, dont les chapiteaux se composent d'une corbeille dépourvue de décor, sont conservées dans la maçonnerie de l'église. La présence de ces supports préromans, exhumées lors de travaux en 1994, confirme la grande ancienneté de l'édifice.
    Un ensemble sculpté en bois polychrome datant du début XVIIIème siècle, provenant de la chapelle du Saint-Sépulcre et qui représente deux hommes en buste en train de soulever la dépouille du Christ, y est conservé. Au nord, une peinture sur toile figurant saint Bruno, fondateur de l'ordre des chartreux, surmonte un retable de bois.
  • La chapelle du Saint-Sépulcre
    Edifié sur le point culminant de la colline de Saint Jean d'Aigremont par Célestin Lacombe, à proximité d'un ermitage situé contre l'église et dans lequel il venait de se retirer, l'édifice fut consacré le 23 juin 1715 en présence de la confrérie des pénitents Bleus. Célestin Lacombe, ancien chirurgien militaire, devenu religieux et ermite, qui jouissait d'une grande renommée parmi le petit peuple, était connu pour soigner et guérir miraculeusement les indigents.
    La chapelle primitive, dont il subsiste le portail et la fenêtre de la façade, fut détruite en partie pendant la Révolution. Elle fut reconstruite à partir de 1821 grâce à une donation faite par Madame Roziers-Labastide, alors prieure de la confrérie des pénitents Bleus. L'édifice à nef unique flanquée de contreforts, qui abritaient autrefois un ensemble sculpté, clôturait la procession à laquelle se livraient les pénitents Noirs et Bleus le Vendredi saint. Chacune des deux confréries, traversant la ville parée de ses attributs distinctifs, empruntait le pénible chemin de croix, gravissant l'ancienne voie romaine jusqu'à la chapelle, ce nouveau Golgotha, pour reconstituer physiquement et symboliquement le dernier épisode de la Passion du Christ.

La voie romaine qui y passait, devenue une draye pendant l'époque médiévale, et à proximité de laquelle Raymond de Calmont, évêque de Rodez, fonda une bastide en 1280 (La Bastide l'Evêque), était un axe routier essentiel pour ce qui concerne la circulation des troupeaux, des marchandises, du minerai et peut-être même des pèlerins.

Non loin de là, sur le puech de Bismon, dès le début du XIVème siècle (1336), se dressent les fourches patibulaires où sont exposés les cadavres des suppliciés. On a choisi, pour les dresser, le lieu le plus fréquenté et les plus élevé car il s'agit de renseigner les habitants et voyageurs sur le sort que l'administration des consuls réserve à ceux qu'elle juge coupables des plus graves forfaits...

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