Villeneuve d'Aveyron

Villeneuve
Villeneuve

Une bastide sur le Causse

Il y a 280 millions d’années la mer s’étendait sur ce qui deviendra le Causse de Villeneuve. Galets, fossiles l’attestent encore. Ce paysage de plateau modéré (420 m d’altitude) où alternent terres arides et dépressions argileuses est constitué de roches marines. Il doit son aspect particulier à l’érosion de ces roches tendres.

Le calcaire donne sa clarté spécifique aux pierres qui émergent au ras du sol. Parce que le calcaire est perméable, les eaux se perdent en un réseau souterrain.  C’est pour cela que le Causse est un pays sans rivière où l’eau est secrète. Paysage de lande pierreuse, de forêts de chênes rabougris, le Causse à ses oasis : des vallons où poussent une herbe grasse et des arbres magnifiques. Le minéral est omniprésent sur ce sol desséché dès le mois de juillet mais la pureté de la lumière fascine le promeneur.

Le Causse de Villeneuve forme la pointe Ouest du département de l’Aveyron. C’est le domaine des caselles, gariottes et d’une flore exceptionnelle. Ce terroir est riche en dolmens, gouffres et grottes dont celles de Foissac, spectaculaire oeuvre d’art sculptée par l’eau.

Villeneuve est une cité médiévale située au coeur du Grand Site Occitanie "Bastides et Gorges de l'Aveyron"  proche de Figeac (à 23 kms au Nord dans le département du Lot).

Sauveté - Bastide de Villeneuve

SAUVETÉ :

Bourgade rurale créée  au XI  et XII siècles, placée sous la protection de l’Eglise. Les ruelles s’articulent autour de la place de l’Église. Le territoire de la Sauveté est délimité par quatre croix.

Au début du XI  siècle, Ozil de Morlhon, puissant seigneur, possède d’immenses domaines et de grandes richesses minières sur le Causse et sur une partie du Ségala. Pour le salut de son âme et celui de sa lignée, il décide de partir en pèlerinage à Jérusalem. Il laisse un vaste héritage et ses ultimes volontés dans un testament : on construira dans la paroisse de Mauriac, un monastère dont l’église rappellera la basilique du Saint Sépulcre.

Pierre Béranger, évêque de Rodez, se fait maître d’œuvre du nouveau monastère dont les bénéfices sont destinés à entretenir le vrai tombeau du Christ. Mais en 1070, Jérusalem est reprise par les Musulmans. Ce sont alors les bénédictins de la grande et prestigieuse abbaye de Moissac, qui héritent les bénéfices du prieuré du Causse. Sous l’impulsion du nouveau prieur, Déodat, on termine la construction de l’église romane et le bourg qui s’étend autour du monastère devient une Sauveté, placée sous l’autorité de l’église, délimitée par quatre croix.

La Sauveté bénéficie d’une organisation et d’une paix  très appréciables sous la houlette des savants bénédictins qui en font un marché fréquenté. C’est donc au XI  siècle que commence la construction de  la partie la plus étendue et la plus ancienne de la cité. Elle est caractérisée par ses étroites et  sinueuses ruelles médiévales,  qui rayonnent autour de la partie romane de l’église.

BASTIDE :

Ville créée sous l’impulsion d’un seigneur féodal au XIIIème  siècle dans le Sud-Ouest.
Les habitants bénéficiaient d’une charte et de franchises. Le plan régulier, souvent en damier, part d’une place du marché, entourée de couverts.

Lors de la croisade des Albigeois,  Villeneuve est attribuée à Simon de Montfort  qui la cède à l’évêque de Rodez. En 1231, Raymond VII, le dernier comte de Toulouse, réussit à récupérer Villeneuve. Il décide alors de la transformer en Bastide.

Une nouvelle ville au plan plus régulier s’adjoint à la sauveté existante et s’articule autour de la nouvelle place du marché aux couverts gothiques. Les habitants de la Bastide Comtale bénéficient d’une charte de coutumes. Quatre consuls, élus dans les quatre quartiers (gaches) de la ville, administrent désormais Villeneuve. C’est l’apogée  médiévale de Villeneuve.

Pour abriter ses nombreux fidèles, Villeneuve agrandit son église, ajoutant une vaste nef au gothique méridional à sa chapelle primitive, amputée du chœur roman. Devenue Bastide royale, après le rattachement du Comté de Toulouse au royaume de France, Villeneuve complète au XIV  siècle son système de fortifications. Deux portes subsistent :

– la Porte Haute ou porte Soubirane, donjon austère et impressionnant,
– la tour Savignac, plus tardive, qui allie architecture militaire et souci d’élégance.

Au XVème siècle, la prospérité de certains  habitants se manifeste par les belles façades aux croisées à meneaux.

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